Législatives à Laâyoune : trois sièges, une compétition électorale sous haute tension

Législatives à Laâyoune : trois sièges, une compétition électorale sous haute tension

La circonscription électorale de Laâyoune s’apprête à vivre une compétition intense entre les différents partis politiques pour l’obtention de ses trois sièges à la Chambre des représentants. Ce scrutin s’annonce comme l’un des plus disputés des provinces du Sud, en raison notamment de la position stratégique de la ville, considérée comme la capitale des provinces du Sud, et de son poids politique et économique.

La configuration de cette circonscription se distingue par plusieurs facteurs : l’importance du corps électoral, l’influence des acteurs politiques locaux, les réseaux d’intérêts et les ancrages sociaux. Ces éléments jouent un rôle déterminant dans l’orientation des votes, rendant chaque campagne électorale particulièrement suivie.

Résultats des élections législatives de 2021 : une domination de lIstiqlal et une percée du RNI

Lors du scrutin du 8 septembre 2021, le Rassemblement national des indépendants (RNI) a remporté l’un des trois sièges de la circonscription, après avoir échoué en 2016. À l’inverse, le Parti de la justice et du développement (PJD) a perdu le siège qu’il détenait depuis 2016. Son candidat, Mohamed Lamine Dida, n’a recueilli que 810 voix.

Le Parti de l’Istiqlal a confirmé sa domination avec son candidat Moulay Hamdi Ould Errachid, arrivé en tête avec 47 548 voix, soit près du double de son score de 2016. Le Parti authenticité et modernité (PAM) a maintenu sa position en arrivant deuxième, grâce à Sidi Mohammed Salem El Joumani, qui a obtenu 17 675 voix. Le RNI, avec Mohamed Ayach, a décroché le troisième siège avec 8 198 voix.

L’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Mouvement populaire n’ont pas réussi à obtenir de représentation dans cette circonscription. Le candidat de l’USFP, Mohamed Errazma, a réuni 4 918 voix, tandis que Lahcen El Moutouakel, du Mouvement populaire, a recueilli 1 724 voix.

Rappel des élections de 2016 : une progression notable du PJD

En 2016, le Parti de l’Istiqlal, représenté par Moulay Hamdi Ould Errachid, avait obtenu un siège avec 26 827 voix, dans un contexte de participation de 57,12 %. Le PAM avait remporté le deuxième siège avec Sidi Mohammed Salem El Joumani, crédité de 21 572 voix. Le PJD, alors représenté par Brahim Daif, avait pris la troisième place avec 8 424 voix. L’USFP, avec Hassan Derhem, avait échoué à obtenir un siège, terminant quatrième avec 6 239 voix.

Cette échéance avait marqué une progression du PJD dans la ville, même si le Parti de l’Istiqlal, incarné par Hamdi Ould Errachid, qui préside également le conseil communal de Laâyoune, avait conservé sa place de leader.

Une carte électorale stable : Ould Errachid et El Joumani en tête

La carte électorale de la circonscription de Laâyoune n’a pas connu de bouleversement majeur entre 2016 et 2021. Les figures traditionnelles, bénéficiant d’un ancrage tribal et familial, ont conservé leur position en tête. Le Parti de l’Istiqlal a renforcé son assise avec Hamdi Ould Errachid, qui a presque doublé son score en cinq ans. Le PAM a toutefois vu le nombre de voix de son candidat reculer, passant de 21 572 en 2016 à 17 675 en 2021.

Le principal changement dans cette circonscription demeure la chute du PJD, dont le troisième siège est revenu au RNI. Cette dynamique témoigne d’une recomposition partielle du paysage politique local.

Les mêmes figures politiques se représentent

Pour les prochaines élections législatives, plusieurs formations politiques ont choisi de reconduire les mêmes candidats afin de préserver ou de renforcer leur position. Cette décision devrait rendre la compétition particulièrement disputée à Laâyoune.

Hamdi Ould Errachid, membre du comité exécutif du Parti de l’Istiqlal, a été désigné pour conduire la liste électorale du parti dans cette circonscription, avec pour objectif de conserver son siège parlementaire. Le PAM a également investi Sidi Mohammed Salem El Joumani comme tête de liste. Le RNI, fort de son siège obtenu en 2021, devrait également présenter Mohamed Ayach pour tenter de consolider sa présence.

Cette configuration laisse présager une campagne électorale soutenue, où les enjeux locaux et nationaux se croisent. Les électeurs de Laâyoune seront appelés à choisir leurs représentants dans un contexte marqué par une stabilité des forces en présence, mais aussi par une volonté de certains partis de bousculer l’ordre établi.

Prochaines étapes

Les prochains mois seront décisifs pour la préparation des élections législatives, avec la publication officielle des listes électorales et la campagne électorale. Les partis politiques devraient intensifier leurs actions sur le terrain, en particulier dans la capitale des provinces du Sud, où la bataille pour les trois sièges s’annonce ouverte. La composition finale de l’Assemblée nationale dépendra également des alliances et des reports de voix, qui pourraient modifier l’équilibre actuel au sein de la circonscription.

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