À moins de trois semaines des élections législatives prévues le 23 septembre, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) fait du pouvoir d’achat une priorité centrale de son projet politique. Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du parti et ministre délégué chargé du Budget, a présenté le programme électoral élaboré pour la période 2026-2031 comme un « contrat » liant le parti aux citoyens en cas de victoire. Cette annonce a été faite lors de son intervention dans le podcast « Bi Wodouh maâ Fouzi Lekjaa ».
Selon Fouzi Lekjaa, ce programme est le fruit d’un long processus de consultation mené dans différentes régions du Royaume. Il ne se limite pas à identifier les difficultés rencontrées par les Marocains, mais détaille également les solutions envisagées, leurs délais de mise en œuvre et leur coût financier. « Nous avons travaillé avec les chiffres et la précision nécessaires », a-t-il affirmé, soulignant que le programme couvre l’ensemble de la prochaine législature.
Réduction des intermédiaires dans la distribution
Parmi les mesures annoncées figure la création d’établissements régionaux chargés de la distribution des produits de première nécessité. L’objectif affiché est de réduire le nombre d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs afin d’agir sur les prix. Fouzi Lekjaa considère que ce programme devra constituer la base sur laquelle le PAM sera évalué par les citoyens, qui pourront confronter les engagements pris aux réalisations effectives du parti s’il accède à la tête du gouvernement.
Un bilan national nuancé
Le dirigeant du PAM explique que l’élaboration de ce programme s’est nourrie des attentes citoyennes et de l’expérience acquise au sein de la majorité gouvernementale actuelle. Cette réflexion s’inscrit également dans un environnement international marqué par des tensions successives et des conflits, devenus un élément durable du contexte mondial.
Fouzi Lekjaa revendique par ailleurs le bilan de la participation du PAM à l’exécutif, une première dans l’histoire du parti. Il met en avant les progrès réalisés dans le domaine social ainsi que la construction de grandes infrastructures, telles que les routes, les ports et les aéroports. Cette appréciation positive n’exclut toutefois pas l’existence de défaillances, certaines insuffisances étant désormais partagées comme préoccupations par l’ensemble des catégories sociales.
À l’issue de cette expérience gouvernementale et des consultations menées à travers le pays, le PAM affirme avoir constaté deux éléments majeurs. Le premier est que le Maroc a accompli des progrès significatifs en matière de développement, d’infrastructures et d’industrialisation, renforçant ainsi son image sur la scène internationale. Selon Fouzi Lekjaa, cette dynamique résulte de la vision stratégique impulsée par le roi Mohammed VI depuis plus de vingt ans, ajoutant que « personne ne conteste aujourd’hui » les avancées réalisées.
Élargir la conception de l’État social
Le second constat porte sur les insuffisances relevées dans le domaine social. Pour le responsable politique, celles-ci nécessitent une mobilisation collective afin d’améliorer les services destinés aux citoyens. Le PAM souhaite élargir la conception de l’État social au-delà de l’assurance maladie obligatoire et des mécanismes de soutien aux populations vulnérables. Le parti entend garantir des services de santé et d’éducation répondant aux exigences de dignité des citoyens, quel que soit leur lieu de résidence.
Cette approche inclut également une attention particulière aux jeunes. Fouzi Lekjaa estime que l’État doit les accompagner tout au long de leur parcours afin qu’ils retrouvent leur place d’« acteur principal dans la société ». Le parti a structuré son programme autour de cinq axes, présentés comme une réponse aux principaux défis du pays. Ces engagements devraient constituer, en cas de victoire électorale, le cadre contractuel entre le PAM et les citoyens.
Le pacte pour le pouvoir d’achat
Au sommet des priorités du PAM figure un « Pacte pour le pouvoir d’achat des Marocains », présenté comme une urgence face à la hausse persistante des prix des produits de première nécessité. Fouzi Lekjaa rappelle que le gouvernement a mobilisé 280 milliards de dirhams pour soutenir le pouvoir d’achat à travers des mesures telles que les revalorisations salariales, les aides directes, le soutien au logement et d’autres dispositifs. Malgré cet effort financier, il considère que les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes.
Les ménages continuent de subir la hausse des prix des produits de base, de la viande et des légumes, faisant de l’approvisionnement quotidien une préoccupation centrale pour de nombreuses familles. Cette situation pousse une partie des ménages à réduire leur consommation. Alors que les préoccupations portaient auparavant principalement sur l’éducation, la santé ou le logement, la question du coût de la vie s’est imposée comme une contrainte quotidienne supplémentaire.
Le programme prévoit également des mesures concernant les retraites, la fiscalité et la facture d’électricité, sans que ces points soient détaillés dans le discours du responsable.
Le PAM doit présenté officiellement son programme électoral dans les prochains jours, et les citoyens seront appelés à se prononcer lors des élections législatives du 23 septembre. Le parti entend faire de ces élections un référendum sur sa capacité à traduire ses engagements en actes, notamment en matière de pouvoir d’achat et de renforcement de l’État social.
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